Après un an de silence, Leadership Holistique revient avec une saison consacrée à IKIZEN. Dans cet article, je partage les raisons de ce retour...
Il y a des périodes où l’on sait exactement où l’on va.
Et puis il y en a d’autres où, objectivement, tout semble continuer à fonctionner. On travaille. On répond aux sollicitations. On prend des décisions. On gère les urgences, les projets, les responsabilités. Vu de l’extérieur, rien de très inquiétant.
Pourtant, quelque chose a changé.
Ce n’est pas forcément une crise. Encore moins un effondrement spectaculaire. C’est parfois beaucoup plus discret : une impression de fonctionner davantage que de choisir, de remplir ses journées sans être certain qu’elles nous conduisent encore quelque part.
C’est précisément à cet endroit que commence la saison 7 du podcast Leadership Holistique.
Après presque un an de silence, j’avais envie de revenir avec une question qui traverse une grande partie de mon travail depuis plusieurs années :
Comment retrouver un cap lorsque l’on ne sait plus très bien ce qui mérite d’être poursuivi ?
Et surtout, comment éviter que cette recherche de sens devienne une nouvelle grande réflexion intellectuelle que l’on trouve passionnante un dimanche soir avant de reprendre exactement la même vie le lundi matin ?
C’est là qu’intervient IKIZEN.
Nous avons beaucoup appris à nous fixer des objectifs.
Dans le monde professionnel, c’est presque devenu une seconde nature. Nous définissons des résultats attendus, des indicateurs, des échéances, des plans d’action. Nous savons mesurer l’écart entre une situation actuelle et une situation souhaitée.
Mon côté ingénieur trouve évidemment tout cela assez rassurant.
Le problème apparaît lorsque nous appliquons la même logique à notre existence.
Parce qu’une vie n’est pas un projet que l’on peut entièrement spécifier à l’avance.
On peut atteindre un objectif et découvrir qu’il ne nous intéresse plus vraiment. Réussir professionnellement et ressentir malgré tout une forme de décalage. Construire une vie parfaitement cohérente sur le papier et se demander, un matin, pourquoi elle ne nous ressemble plus autant qu’avant.
Ce n’est pas nécessairement que nous avons fait les mauvais choix.
Nous avons changé.
Le monde autour de nous aussi.
Et le cap qui était juste il y a dix ans ne l’est peut-être plus aujourd’hui.
C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles je me méfie des approches qui prétendent nous aider à découvrir une fois pour toutes notre « mission de vie ». La formule est séduisante. Elle a aussi le petit défaut de demander à un être humain en évolution permanente de fournir une réponse définitive.
Nous sommes décidément des créatures peu coopératives avec les modèles trop bien rangés.
IKIZEN est né de la rencontre de deux idées japonaises que l’on présente souvent séparément.
La première est l’Ikigai.
On le traduit fréquemment par « raison d’être ». Cette traduction est utile, à condition de ne pas réduire l’Ikigai au célèbre diagramme composé de quatre cercles que l’on voit circuler un peu partout sur Internet.
Dans IKIZEN, je préfère le considérer comme une boussole.
Il ne donne pas nécessairement une destination définitive. Il nous aide plutôt à interroger la direction dans laquelle nous avançons.
Qu’est-ce qui compte réellement pour moi ?
Qu’est-ce qui donne du sens à ce que je fais ?
Qu’est-ce que j’ai envie de préserver, de construire ou de transmettre ?
Mais comprendre cela ne suffit pas.
On peut avoir une vision très claire de la personne que l’on souhaite devenir et continuer à remettre le premier geste à lundi prochain.
C’est ici que le Kaizen entre dans le voyage.
Le Kaizen nous ramène au petit pas, à l’amélioration progressive, au geste suffisamment simple pour pouvoir être posé dans la réalité.
L’Ikigai demande :
Dans quelle direction ai-je envie d’avancer ?
Le Kaizen ajoute :
Quel petit pas puis-je faire maintenant ?
Entre les deux apparaît l’idée centrale d’IKIZEN :
Retrouver le sens, puis lui donner une forme dans notre manière d’avancer.
Pas demain. Pas lorsque toutes les conditions seront réunies. Pas lorsque nous aurons enfin compris l’intégralité de notre existence, projet dont le calendrier risque tout de même d’être légèrement tendu.
Aujourd’hui, avec ce qui est là.
Lorsque j’ai commencé à construire IKIZEN, je me suis rendu compte qu’une question précédait même celle du cap.
Qui est celui qui tient la boussole ?
Car chercher sa direction sans savoir ce que l’on souhaite profondément protéger peut conduire à poursuivre des objectifs parfaitement cohérents… avec les attentes des autres.
C’est pour cette raison que la spirale IKIZEN commence par le Gardien.
Le Gardien est une figure symbolique. Il représente cette capacité à reconnaître ce qui compte suffisamment pour ne plus être continuellement négocié : certaines valeurs, certaines limites, notre énergie, notre intégrité.
Puis vient l’Origami Sacré, où l’intention commence à prendre forme.
La Boussole nous conduit ensuite vers l’Ikigai et la question du sens.
Le Flow interroge notre manière d’agir lorsque nous cessons de vouloir tout contrôler.
Le Petit Pas Sacré introduit le Kaizen et transforme le cap en mouvement.
L’Aube explore la place des rituels et de ces gestes répétés qui finissent par structurer nos journées.
Enfin vient le Passage des Brumes, celui de l’intégration.
Cette saison suivra cette spirale, non comme une méthode rigide, mais comme un chemin d’exploration. C’est cohérent avec l’intention même de Leadership Holistique : proposer des repères et laisser chacun choisir sa route.
Le mot leadership crée parfois un malentendu.
On l’associe rapidement au management, à l’entreprise, au pouvoir ou à la capacité d’entraîner d’autres personnes.
Ce n’est pas le sens que je lui donne ici.
Le leader intérieur n’est pas celui qui commande.
C’est celui qui choisit.
Choisir ce que l’on veut nourrir. Ce que l’on accepte. Ce que l’on ne souhaite plus sacrifier systématiquement. Choisir une direction sans prétendre connaître toute la route. Et parfois reconnaître que l’on s’est trompé et modifier son cap.
Cette conception rejoint une idée importante du Leadership Holistique : la clarté précède le mouvement. L’action compte, mais elle ne gagne rien à être précipitée simplement pour donner l’impression d’avancer.
C’est probablement aussi l’un des fils rouges de cette nouvelle saison.
Je ne veux pas te proposer trente épisodes supplémentaires à consommer.
Nous avons déjà collectivement beaucoup trop de contenus en attente pour prétendre que notre problème principal serait le manque d’informations.
Je voudrais plutôt que certains épisodes créent un arrêt.
Une question.
Peut-être un léger inconfort.
Et, lorsque cela a du sens, un geste.
Chaque épisode de cette saison suivra donc un mouvement assez simple.
Partir d’une situation que nous pouvons reconnaître dans notre vie.
Comprendre ce qui se joue derrière elle.
Retrouver un cap.
Puis poser un geste suffisamment petit pour qu’il puisse quitter le territoire confortable des bonnes intentions.
C’est la colonne vertébrale que j’ai choisie pour cette saison : se reconnaître, comprendre, retrouver un cap, poser un geste simple et repartir avec une question.
J’y mêlerai ce qui nourrit depuis longtemps mon travail : mon regard d’ingénieur, les sciences humaines lorsqu’elles permettent d’éclairer un phénomène, l’expérience du leadership et des organisations, la philosophie japonaise, mais aussi certaines images issues de mon chemin dans le druidisme.
Je tiens cependant à maintenir une distinction claire entre ces registres.
Une recherche scientifique n’est pas une tradition.
Une tradition n’est pas une preuve scientifique.
Et une expérience personnelle, aussi forte soit-elle, ne devient pas une vérité universelle parce qu’elle nous a transformés.
Cette séparation entre science, tradition et expérience fait désormais partie des règles éditoriales de Leadership Holistique.
Je trouve justement leur dialogue beaucoup plus intéressant lorsqu’on ne cherche pas artificiellement à les faire dire la même chose.
L’épisode 0 est une porte d’entrée.
Il présente IKIZEN, l’esprit de cette saison et le voyage que nous allons entreprendre ensemble.
Dès le prochain épisode, nous entrerons dans la première porte : celle du Gardien.
Nous commencerons par quelque chose de très simple en apparence : comprendre comment on peut se perdre sans vraiment s’en rendre compte.
Pas parce que l’on manque de compétences.
Pas parce que l’on ne fait pas assez d’efforts.
Mais parfois parce que l’on s’est tellement adapté à ce que la vie attendait de nous que l’on a progressivement cessé d’écouter ce qui demandait à être protégé.
🎧 Écouter l’épisode 0 en audio
IKIZEN : retrouver le cap du leader intérieur
👉 https://smartlink.ausha.co/lea...
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Retrouve également cet épisode en vidéo sur la chaîne Leadership Holistique.
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Cette nouvelle saison possède aussi son univers musical. Je trouve ma voie accompagne cette recherche d’alignement, de direction et de mouvement qui traverse IKIZEN.
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Avant de chercher une nouvelle direction, il faudra donc commencer ailleurs.
Par une question.
Qu’est-ce qui, dans ta vie aujourd’hui, mérite suffisamment de valeur pour que tu cesses de le laisser passer après tout le reste ?
C’est peut-être là que ton voyage IKIZEN commence.
Catégories: : Saison 7